Le costume traditionnel coréen : le hanbok

Le hanbok est le costume traditionnel coréen. C’est l’un des rares habits traditionnels de par le monde à avoir traversé l’Histoire. Aujourd’hui encore, c’est l’un des éléments essentiels du folklore de la Corée du Sud. Découvrez dans cet article les caractéristiques uniques et l’histoire du vêtement emblématique coréen.

Son Histoire :

La Corée du Nord et la Corée du Sud étant autrefois un seul est même pays, le vêtement traditionnel est le même pour les deux nations. Appeler 한복 « hanbok » en Corée du Sud, il signifie simplement « Vêtement coréen », 한 « han » venant du mot 한국 « hanguk » désignant la Corée. En Corée du Nord, il est connu sous le nom de 조선옷 « joseonot » dont le sens est « Vêtement de Joseon ». En effet, 옷 « Ot » est le mot coréen pour « vêtement » et 조선 « Joseon » correspond à l’une des périodes historiques de l’Histoire de la péninsule coréenne.

Pendentifs ornementaux (noligae) :
nœuds ornés de pierres semi-précieuses attachés sur le devant du hanbok

– Les Trois Royaumes (57 av. J.-C. – 668)

L’origine du hanbok remonte à la période des Trois Royaumes. Le royaume de Goguryeo occupait le Nord de la péninsule coréenne, Silla le Sud-Est et Baekje le Sud-Ouest. On peut retrouver des représentations du hanbok sur des fresques tombales de l’époque. Le costume traditionnel coréen est alors plutôt ample, favorisant les mouvements, pour s’adapter à la condition nomade et cavalière du peuple coréen. Aussi, la veste du hanbok, le « Jeogori » était plutôt long et attaché à la taille, que ce soit pour les hommes ou les femmes. Le plus souvent, les femmes l’associait avec une longue jupe, la « Chima » et les hommes avec un pantalon ample appelé « Baji ». Parfois, les femmes portaient elles aussi le baji sous leurs jupes.

– Grand Silla (668 – 918/935)

Lorsque le royaume de Silla parviendra à conquérir ses deux royaumes rivaux avec l’aide des Tang chinois, les échanges culturels entre les deux cultures influenceront le costume coréen. Alors, les jupes seront plutôt portées par-dessus leurs vestes, style vestimentaire adopté par les Tang.

Coiffure avec le ruban (daenggi)

– Goryeo (918 – 1392)

Après la chute du royaume du Grand Silla, la Dynastie de Goryeo est mise en place par King Taejo. Aussi, la relation entretenue jusqu’à présent avec les Tang disparait progressivement et la péninsule coréenne noue des relations avec la dynastie mongole Yuan (1271 – 1368). Ainsi, le style vestimentaire des militaires et des civils sera progressivement remplacé par celui de Yuan. Le long jeogori laissera la place à une version plus courte que l’on n’attache plus à la taille. Cependant, le costume traditionnel coréen conserve plusieurs traits de l’époque des Trois Royaumes. Le jeogori se ferme toujours sur la droite et se porte par-dessus la chima ou le baji. Aussi, la longueur de la jupe a été relevée au niveau de la taille puis nouée par des rubans au niveau de la poitrine sous la veste. C’est la forme qu’on lui connait aujourd’hui.

– Joseon (1392 – 1910)

Le royaume de Goryeo sera par la suite renversé par le général Yi Seong-gye qui nommera le pays « Joseon ». Le bouddhisme sera alors remplacé par les valeurs du néoconfucianisme.  Le costume traditionnel coréen conservera la forme actuelle du hanbok tout en adoptant une apparence plus sobre. Aussi, contrairement aux périodes d’influences chinoise et mongole, les accessoires se fond beaucoup plus rares. Les femmes ajouteront simplement un pendentif ornemental (noligae), nœud orné de pierres semi-précieuses (souvent du jade) attaché sur le devant du hanbok, un ruban dans leurs cheveux (daenggi) ou des pics afin de maintenir leur chignon (bin-yeo et dwikkoji).

Hanbok traditionnels – cérémonie de la relève de la garde au palais Gyeongbokgung

Son design :

De nombreuses valeurs esthétiques coréennes, que l’on peut retrouver dans l’art coréen tel que la peinture, les danses traditionnelles ou encore la céramique, sont exprimées à travers le hanbok. Ses couleurs et ses lignes sont aussi le reflet des valeurs confucianistes du pays.

– Une beauté vertueuse 

Pour le néoconfucianisme, la valeur la plus importante pour un homme est l’intégrité et pour la femme, celle de la chasteté. Cela se transmet aussi par le biais des vêtements. Ainsi, les hommes veillent à porter une tenue et un chapeau approprié à leur rang lorsqu’ils se trouvent à l’extérieur, et les femmes à dissimuler leurs visages avec des manteaux lorsqu’elles sortent de l’enceinte de leurs maisons.

Également, cette beauté vertueuse se transmet par ses lignes et ses formes. En effet, le hanbok ne dévoile que très peu la peau, toujours dans le respect du confucianisme. La chima (jupe) plutôt large ne permet pas de déceler les lignes du corps. Toute la beauté du hanbok se trouve dans les détails, notamment pour le hanbok féminin. Il émane une beauté pure et chaste de ce costume. En fait, l’ajustement du col du hanbok (le git) permet de dévoiler partiellement la ligne du cou. De plus, la largeur de la jupe laisse place à l’imagination et ses courbes et lignes fluides rendent la silhouette plus grande et gracieuse.

– Hiérarchie des couleurs

La beauté du hanbok est également due à l’harmonie de ses couleurs. D’ailleurs, c’est un point essentiel de son esthétisme. La couleur la plus représentative des Coréens est le blanc. En effet, ils ont une affection toute particulière pour cette couleur qui offre un contraste parfait avec leur cheveux noirs, c’est pourquoi ils étaient surnommés « Le peuple vêtu de blanc ». Pour les Coréens, cette couleur et synonyme de pureté liée à la nature et au spirituel.

L’association de couleurs vives, notamment les couleurs primaires, est aussi caractéristique du hanbok, en particulier au sein des classes dirigeantes. Bien sûr, en adéquation avec les valeurs confucéennes, les couleurs choisies évoquaient également le statut de l’individu. Par exemple, il pouvait indiquer le statut marital de la femme. Ainsi, une jeune femme non mariée portait un jeogori (veste) jaune accompagné d’une chima (jupe) rouge carmin, voire pourpre ; une jeune mariée, un jeogori vert et une chima rouge carmin, pourpre ; une femme mariée, un jeogori jaune et une chima bleue. Par conséquent, la jeune mariée porte donc un hanbok vert et rouge lors de son mariage tandis que sa mère porte un ensemble dans les tons roses et la mère de son conjoint un hanbok bleu.

Enfin, de nombreux symboles pouvaient aussi être présents sur le hanbok, notamment les caractères chinois de la longévité et de la bonne fortune, ou encore certains animaux emblématiques tels que le dragon, le phénix, la grue et le tigre au sein des plus hautes classes de la société.

 

Photo de gauche : hanbok royal / Photo de droite : hanbok porté par le marié lors de son mariage

Vous l’aurez compris, le hanbok est un véritable symbole de la culture coréenne à lui seul. Sa beauté pure transmise par ses couleurs et ses lignes répondent aux valeurs confucéennes et esthétiques du peuple coréen.

Hanbok traditionnel vs hanbok moderne :

Actuellement, le hanbok traditionnel n’est plus porté au quotidien. Cependant, il occupe toujours une place de choix dans la vie des Coréens. En effet, il continue d’être revêtu lors d’occasions spéciales, notamment pour Seollal (설날) et Chuseok (추석), en particulier par les personnes âgées et au sein des familles les plus traditionalistes. Également, les jeunes mariés portent le hanbok traditionnel afin de saluer les membres de leurs familles, surtout les anciens.

Aujourd’hui, les femmes coréennes portent beaucoup plus facilement le « hanbok moderne », appelé aussi « hanbok fusion », à toutes occasions. En effet, le vêtement traditionnel coréen continue de captiver les designers, même au-delà des frontières du pays. Il n’est plus rare de trouver des créations inspirées du hanbok. Ainsi, les Coréennes sont venues naturellement à porter plus facilement cette version contemporaine du hanbok leur permettant de respecter les traditions tout en restant dans l’air du temps.

Porter un hanbok en Corée c’est possible !

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Enfin, pour celles et ceux qui souhaitent s’offrir un hanbok, traditionnel ou moderne, je vous donne rendez-vous dans notre article « Shopping à Séoul : nos meilleurs spots » pour choisir où vous rendre 😉 .

En bref :

Le hanbok, costume traditionnel coréen, fait partie intégrante de la culture du pays. Au fil de l’Histoire, son apparences à relativement peu évoluer de sa forme d’origine. Son esthétisme et ses couleurs en font un vêtement élégant adaptable à toutes les morphologies. Très rattaché aux valeurs confucéennes, le hanbok traditionnel se veut vertueux et chaste, ne dévoilant que le port de tête, mais également, par ses associations de couleurs, un système de différenciation des classes sociales du pays.

Aujourd’hui, le hanbok traditionnel est majoritairement porté par les personnes âgées et les familles conservatrices, principalement lors d’occasions spéciales. Cependant, il garde une place de choix dans le cœur des Coréens, dans l’art, mais aussi comme élément d’identification et de promotion de la culture coréenne à l’étranger.

Enfin, le hanbok contemporain se développe. De nombreuses Coréennes le portent comme une pièce élégante au quotidien ou bien à la place de son modèle traditionnel pour les grandes occasions. La jupe plus courte, ses tissus plus fluides et légers, sans superposition de couches, en fond un vêtement plus actuel et plus adapté à l’image des nouvelles générations.

Avez-vous déjà eu l’occasion de porter un hanbok ? Aimeriez-vous en revêtir un ? Donnez-nous vos impressions par commentaire !


Sources :

– Livre : Korea Foundation – Collection “Korea essentials” n°16 : Hanbok, Timeless Fashion Tradition (2013). (anglais)

– Site web : Imagine Your Korea.

A propos Clothilde

26 ans, écrivain public et diplômée en Communication. Je suis fascinée par l’Asie depuis mon enfance. Curieuse et avide de découvertes, j'ai envie de partager avec vous ma passion pour la Corée du Sud. J'aime les voyages, l’architecture, la musique, l’écriture et les plaisirs simples que la vie a à nous offrir.

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